C’est depuis le 19 novembre dernier que le  la  de cette 10ème édition de la Can féminine est donné à Yaoundé, capitale politique du Cameroun. Le match d’entrée de ce rendez-vous continental, mettant en scène le Cameroun et l’Egypte, a donné de la nostalgie à certains fans du ballon rond, tant nos joueuses étaient à la hauteur, mieux elles ont réveillé le « Fighting Spirit » qui était dans un coma profond ces dernières années.

Malgré une entrée en matière timide, les lionnes ont tenu en haleine  pendant 90 minutes, les camerounais réunis au stade Hamadou Ahidjo. Notre « chantou » national paré aux couleurs du tricolore de notre drapeau, n’a cessé d’acclamer  les lionnes, dans un stade où, le mot d’ordre au départ était d’entonner à un rythme sans faille, les chants de louanges à notre patriarche, vieux de 84 ans et qui malgré l’usure du temps est toujours resté « chaud gars » devant les pourfendeurs de son régime.

La beauté du jeu sur le terrain, des pouliches de Enow Ngachu a fait oublier, la laborieuse et lamentable cérémonie d’ouverture. Une cérémonie d’ouverture marquée  par une triste mise en scène d’un sorcier blanc payé gracieusement par le contribuable camerounais, un hymne mélancoliquement  belle, qui bien que  chanté par l’une des plus belles voix de l’histoire de la chanson camerounaise,  n’a pas su engranger  les faveurs et l’adhésion du public de Mfandena. Un public de Mfandena aussi, qui dès le début était fatigué par les cérémonies protocolaires pour attendre le vieux lion, dans un stade rénové,  44 ans après la Can de 1972.

Malgré cela, les lionnes ont séduit  plus d’un et donner du contenu à nos utilisateurs des réseaux sociaux, que le président de notre assemblée nationale qualifie de nouveau terroriste. Sur les réseaux sociaux  justement, l’émotion des camerounais étaient à son comble. L’engagement exceptionnel et héroïque d’Aboudi Onguene, a fait écrit un facebookeur que cette dernière à sa place dans l’équipe A des lions indomptables.  Un honneur pour cette jeune compatriote de 27 ans née à Douala et fille de Clément Onguéné. Son riche parcours est une magnificence du football féminin local,  qui tout comme les messieurs peine encore à trouver sa voie. C’est en 2005, jeune débutante au Gondicam de Yabassi,  qu’elle est repérée par les dirigeants de Canon filles de Yaoundé. Un an plus tard,  elle intègre Louves Minproff et remporte les championnats de football féminin en 2009, 2010 et  2011,  ainsi que deux Coupes du Cameroun en 2010 et 2011. La suite vous la connaissez.

Les Lionnes indomptables de nos jours donnent espoir qu’un meilleur suivi permettra d’engranger des lauriers dans les années à venir. Il est de vérité constante que le football camerounais ne fait plus rêver.

Les performances de nos lions indomptables ne sont plus celles des années mémorables 90 et 2000. Les sacres continentaux ont laissé place aux querelles inutiles. Ce n’est qu’en 2015 au Canada lors de la coupe du monde de football féminin que les lionnes ont relancé  la ferveur patriotique.

Question tout de même en guise de signe de temps : Et si l’équipe féminine était finalement devenue la sélection préférée des camerounais ?  Difficile pour l’heure de répondre par l’affirmative, mais, à un moment où les lionnes multiplient les bonnes performances l’optimiste est notre. L’engouement du public camerounais lors du match d’ouverture et les autres rencontres antérieures démontre  à suffisance que la mayonnaise prend. Les lionnes prennent  peu à peu le pouvoir. Même si pour l’heure la prudence doit être encore de mise, on doit espérer qu’au soir du 03  décembre nos lionnes brandissent la coupe. Le chemin sera certes difficile mais pas impossible. Un adage de chez nous ne clame-t-il pas,  qu’impossible n’est pas camerounais.

Bon vent mesdames !

Richard Gatchoko Youaleu : directeur de publication de camersenat.info

 

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