Le ministère du commerce est logé au lieu dit “immeuble rose“. Ce bâtiment abrite trois autres services centraux de notre administration. Dans la même zone se trouve plusieurs départements ministériels tout comme le chantier du futur immeuble siège de Elecam. Tout juste en face se dresse le saint des saints de l’appareil gouvernemental, les services du premier ministre. Nous sommes donc là en plein cœur du centre administratif, dans la ville siège des institutions républicaines. À un jet de pierre d’un des plus grand hôtel de la cité capitale, qui va accueillir comme à son habitude ce jour des chefs d’États attendus pour un mini sommet sous-régional.

C’est à cet endroit que nos gouvernants (le ministre du commerce et ses collaborateurs) si “éclairés” et à “l’inspiration” débordante ont eu l’idée on ne peut plus géniale d’installer un espace marchand, je dirais ambulant. Pour faire accepter cette activité purement villageoise (j’ai failli dire CONNERIE, mais je m’abstiens d’être injurieux à l’endroit d’un illustre membre du gouvernement), ils lui ont trouvé un nom de baptême mirifique: ” la quinzaine commerciale de noël”. Ils s’agit disent-ils de l’implémentation de la politique gouvernementale contre la vie chère visant à lutter contre les manœuvres spéculatives des produits de grande consommation et denrées de première nécessité.

Pour ce faire, l’esplanade du ministère du commerce et donc de la dizaine d’autres départements ministériels alentours qui d’habitude sert de parking a été transformé en marché périodique le temps de ces fêtes de fin d’année. Les visiteurs peuvent donc s’acheter des produits manufacturés et même quelques vivres. L’occasion faisant le larron, le site sert aussi de lieu de gastronomie (tourne-dos), mais surtout de beuveries arrosé naturellement de sonorités médicales. Et pour bien percevoir l’ambiance qui y règne, il faut aussi considérer le bruitage que créé le marchandage en pareille circonstance, les claxons assourdissants des automobilistes, et faute de toilettes publiques, l’odeur pestinentielle de ceux qui n’ont pas de choix pour vidanger leurs vessies que de le faire sur les murs et les barrières.

C’est sans doute dans une telle ambiance sulfureuse que les promoteurs de ce “machin” attendent donc un rendement efficace et une bonne concentration des fonctionnaires et agents publics qui exercent dans la zone. Quelle idée de croire qu’on peut loger en un seul et même lieu le cœur de l’administration et un espace marchand en faisant œuvre utile? Au demeurant, n’est ce pas simpliste d’imaginer mettre l’accent sur la lutte contre la spéculation et la vie chère pendant ces fêtes comme si faire bombance à cette période suffisait à garantir aux citoyens une année sans disette? N’aurait-il pas été plus intelligent de contenir les marchés dans des espaces prévus pour, et d’y appliquer une politique de régulation et de contrôle des prix sur le long terme?

Pardon j’oubliais l’adage: quand Yaoundé respire, le Cameroun…

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